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La laïcité, un combat de plus en plus déserté dans les écoles

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La laïcité, un combat de plus en plus déserté dans les écoles

Riom (63), 11 janvier 2021. Fermeture du lycée Pierre-Joël Bonté, dans la région de Clermont-Ferrand, après que des menaces de mort ont été envoyées sur l’espace numérique de travail (ENT) de l’établissement. © Richard Brunel/La Montagne/Maxppp

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Quatre ans après l’assassinat de Samuel Paty, les professeurs se sentent de plus en plus isolés et abandonnés par leur hiérarchie. Certains continuent d’appliquer rigoureusement la loi de 2004 sur la laïcité, parfois malgré les injures et plus rarement les menaces, quand d’autres ne veulent plus subir les conséquences des débats « hystériques » des responsables politiques. Enquête.


La laïcité, un enseignement de plus en plus difficile à dispenser

Les professeurs sont malmenés. En 2022, 40% disent avoir reçu des injures, selon l’association L’Autonome de solidarité laïque. Plus de 16% du personnel des collèges et lycées ont reçu des menaces de la part des élèves ou de leurs parents. Dans 2% des cas, il s’agit même de menaces de mort. Si le volume des violences déclarées reste à peu près constant ces dernières années, la communauté éducative subit une pression croissante, notamment parce que la perspective d’être réellement agressé ou tué est plus tangible depuis les assassinats de Samuel Paty ou de Dominique Bernard. Comme le déclarait au Monde Maitane Cocagne, secrétaire générale académique adjointe du Snes-FSU Bordeaux : « Il y a quinze ans, on [...] prenait [les menaces] peut-être moins au sérieux. On travaille avec des adolescents, on sait que ça peut remuer, mais aujourd’hui, on a l’impression que ce qui sacralisait l’école ou l’enseignant a disparu. »

Entre les difficultés sociales, les violences intra-familiales, le harcèlement sur les réseaux sociaux comme la dégradation de la santé mentale des jeunes, les causes de la violence dans l’environnement scolaire sont nombreuses. Mais la plus anxiogène est sans aucun doute la radicalité religieuse. Francis Z., professeur d’histoire-géographie dans un établissement de l’Essonne, vit encore le traumatisme de l’assassinat de Samuel Paty, d’autant qu’il montre des caricatures de Mahomet signées Charlie Hebdo dans ses cours d’éducation civique depuis de nombreuses années. Comme tous les autres, il requiert l’anonymat pour témoigner : « On arrive à un point où le proviseur de mon école a peur de faire une minute de silence en mémoire de Samuel Paty et Dominique Bernard. Alors qu’on est dans un établissement plutôt favorisé, même s’il y a de plus en plus de mixité sociale et c’est une très bonne chose. Lundi dernier, il a fait un appel au micro et a rompu le silence après 25 secondes, par peur qu’on ne tienne pas sans que cela dégénère. Alors que tout se passait très bien dans les classes… »

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