La citation corrigée

“La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent”

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Cet article est issu du numéro 116 de Philosophie magazine « Peut-on désirer sans dominer ? », en kiosque le 11 janvier 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Monsieur Montesquieu, vous avez sans doute raison, mais puis-je respectueusement vous faire remarquer qu’à votre époque, il était sans doute plus simple de connaître les lois qui étaient quand même moins nombreuses qu’aujourd’hui.

Le code civil est devenu un mille-feuille indigeste que chaque nouvelle législature enrichit encore, épaissit, alourdit, au point d’en faire ce pavé immangeable qui reste sur l’estomac. Car si nul n’est censé ignorer la loi, nul n’est censé la connaître. 

Puis-je donner un conseil aux législateurs ? (Oui, en tant qu’auteur pour Philosophie magazine, je suis à même d’apporter mes lumières de théoricien à tous ces pauvres tâcherons qui mettent leurs mains dans le cambouis du code civil.) Chaque fois que vous ajoutez un texte de loi, supprimez-en un. C’est le même état d’esprit qui me conduit à tenter de retirer un livre de ma bibliothèque chaque fois que j’en acquiers un nouveau. Pas si facile. On s’attache aux livres comme aux souvenirs de bons moments passés avec les amis. Forcément qu’on ne revivra pas ce déjeuner passé sous le tilleul fleurissant par une belle journée de printemps, tandis que Jean-Pierre avait sorti sa guitare et Madeleine son cahier de chansons, mais on en garde la photo. Peut-être qu’on ne relira plus les souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol, mais comment se séparer de la preuve sur papier de ce doux souvenir ?

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