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La ligne Deleuze : ses influences et ses adversaires
Gilles Deleuze, séminaire à l'Université de Paris VIII, Vincennes, en 1975. ©DR
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Cet article est issu du Hors-série n°63 de Philosophie magazine « Gilles Deleuze. L’homme aux mille concepts », en kiosque le 04 décembre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Il est le philosophe de la multiplicité, l’adversaire de tous les dualismes. Mais de qui se revendique Gilles Deleuze ? Et de qui s’écarte-t-il ?
Stoïcien, spinoziste, nietzschéen, bergsonien ? Gilles Deleuze a revendiqué une généalogie intellectuelle à laquelle il faudrait ajouter Leibniz, Hume et Marx : « J’ai commencé par des livres d’histoire de la philosophie, mais tous les auteurs dont je me suis occupé avaient pour moi quelque chose de commun. » Quel point commun ? La réponse n’est pas évidente. Laissons l’« ennemi », Kant, de côté. Quel rapport entre le rationalisme de Leibniz et l’empirisme de Hume, selon lequel toutes nos connaissances reposent sur l’expérience ? Entre le vitalisme de Bergson et le matérialisme de Marx ? Le lien entre Spinoza et Nietzsche est sans doute plus évident : le second, contempteur de la tradition philosophique, reconnaissait de clairs mérites au premier. Deleuze ira même jusqu’à parler d’une « grande identité Spinoza-Nietzsche ». Les deux penseurs partagent une critique acérée des dualismes – du corps et de l’esprit, du sensible et de l’intelligible, etc. Deleuze, qui s’efforce inlassablement de tout replacer sur un même plan, en deçà du partage sujet et objet dont Kant a été l’éminent penseur, cherche partout des ressources pour déployer, contre le dualisme, un monisme authentique. Une seule substance – la matière pour Marx, les corps chez les stoïciens.