La meilleure façon de penser

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La meilleure façon de penser

© Hermine Bourgadier pour PM

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Cet article est issu du numéro 2 de Philosophie magazine « 2 - juin/juil. 2006 », en kiosque le 25 mai 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dans sa classe de CM2, Philippe Roiné invite ses élèves à aiguiser leur réflexion et à s’interroger sur le statut de la vérité. Spontanées, imprévisibles, les séances donnent lieu à l’écriture d’un journal pense-pas-bête.

« Comment sais-tu que tu existes ? », « Je sens que je pense et si je me pince, je sens la douleur », « Note cette idée », propose Philippe Roiné, professeur des écoles, ravi devant ces prémisses cartésiennes. Dans sa classe de CM2 de l’école Raymond-Queneau, à Montrouge (Hauts-de-Seine), on pratique le débat philosophique une heure deux fois par semaine.

Exit le café philo et ses querelles d’opinions. « L’oral nous laisse dans la contingence. La philosophie passe par l’écriture », assène Philippe Roiné, philosophe autodidacte. C’est pour cette raison que, à chaque séance, les élèves créent leur journal. « Ces deux heures sont l’un des rares moments dans la scolarité où les enfants sont autorisés à se prendre en charge, en assumant des idées », souligne-t-il. Un début d’autonomie pour ces écoliers qui prennent la place du prof. Ce dernier pratique une maïeutique déroutante : « Je suis l’obsédé du pourquoi. Je les assomme de questions afin qu’ils rendent compte de ce qu’ils pensent. » La méthode surprend : après la lecture d’un texte, le débat s’ouvre sur des clichés, un mal nécessaire pour faire jaillir des contradictions. Le texte, c’est quatre affirmations abracadabrantes de professeurs hypothétiques. Pour exemple : « Les Gaulois ont inventé l’avion à réaction », « Vous n’existez pas », « Tous les chats sont mortels. Or vous n’êtes pas des chats, donc vous êtes immortels », « Le soleil ne se lèvera pas demain ».

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