Russie / Stratégie
La nouvelle aventure militariste de Vladimir Poutine
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Cet article est issu du numéro 92 de Philosophie magazine « Pense-t-on mieux seul ou à plusieurs ? », en kiosque le 20 août 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le Kremlin prépare la société russe à un grand conflit avec l’Occident, en s’appuyant sur la télévision, l’armée et l’économie. Un jeu dangereux inspiré par certains penseurs slavophiles du XIXe siècle.
Il faut se préparer à la guerre. Cette idée, incongrue il y a peu, s’impose dans la société russe. D’abord, elle s’est incrustée dans l’esprit des téléspectateurs. Dans la fiction modelée sur les écrans, la « junte fasciste de Kiev » perpètre un génocide contre les civils russophones. Pendant ce temps, des agents étrangers, soutenus par la « cinquième colonne » de l’opposition démocratique, travaillent à déstabiliser la Russie.
Ensuite, les signaux militaires se multiplient. Les manœuvres se déploient aux frontières baltes en février 2015, à la frontière ukrainienne, près du Japon et en Arctique en mars, en Méditerranée avec l’armée chinoise en mai… L’État, dont le budget de la défense est en forte hausse, présente de nouvelles armes, comme le char d’assaut T-14 Armata. Moscou a annoncé le 16 juin que quarante missiles nucléaires intercontinentaux seraient déployés en 2015. En guise de réponse, États-Unis et Otan installent des armes lourdes en Europe et déclenchent aussi des manœuvres. Le risque d’accrochage est réel, des avions militaires russes survolant sans autorisation l’espace aérien européen.