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La pharmacie de Platon
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Cet article est issu du numéro 25 de Philosophie magazine « 25 - hiver 2008 », en kiosque le 04 décembre 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’engouement actuel pour la philosophie se nourrit de l’espoir qu’elle peut résoudre nos problèmes existentiels. Or, la rencontre avec certains philosophes est un choc parfois dangereux… Si la pharmacopée philosophique est en vente libre, mieux vaut jeter un coup d’œil à la posologie pour éviter les mauvais mélanges.
La philosophie peut-elle nous rendre heureux ? Nous consoler ou lever nos angoisses ? Nous délivrer du malheur ? L’engouement actuel pour cette discipline tend à le laisser croire. Les succès en librairie de philosophes proposant des façons de construire sa vie (Michel Onfray, Luc Ferry, Lou Marinoff, Alexandre Jollien…) sont révélateurs d’une prise de conscience de la visée pratique de la philosophie. Des cabinets de consultation philosophique ouvrent leurs portes aux États-Unis et en Europe, qui prescrivent aux « patients », selon leurs maux, des mots d’Aristote ou d’Épictète, des idées de Hegel ou de Sartre, et prétendent calmer l’inquiétude quant au sens de la vie par le dialogue socratique.
Il est vrai que la philosophie était jadis autre chose qu’une pure spéculation : être épicurien, ou stoïcien, ce n’était pas seulement penser, mais bien vivre comme tel. La dimension existentielle de la connaissance était revendiquée, la lutte contre la souffrance étant d’ailleurs l’horizon commun de ces sagesses. Les philosophes ont souvent proposé des façons de travailler sur soi, sur ses représentations du monde ou ses désirs pour mieux vivre : parvenir à « la vie bonne » (Aristote), délivrée de la peur de la mort (Épicure), débarrassée du frein de la mauvaise foi (Sartre)… En ce sens, la philosophie propose bien des « remèdes ».