Rentrée des classes

La rentrée scolaire, des sensations qui s’impriment pour toujours

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La rentrée scolaire, des sensations qui s’impriment pour toujours

Enfant étudiant à l’école. Photographie non datée. © Russell Lee/CC0 U.S. Government image/Rawpixel

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De la sonnerie dans la cour au placement de chacun dans la classe en passant par les sentiments de honte ou d’émoi devant les autres, la rentrée fait partie de ces expériences indélébiles. Comme en témoignent les philosophes et écrivains Simone de Beauvoir, Roland Barthes ou Marcel Pagnol.


 

« LA RENTRÉE DES CLASSES ! Je refusai d’y penser, je repoussai de toutes mes forces la douloureuse idée », s’insurge le jeune héros du Château de ma mère (1957), récit autobiographique qui retrace l’enfance de Marcel Pagnol. Cette idée même de rentrée, qui plane sournoisement sur les vacances d’été, est combattue par le jeune héros comme un fantôme inconsistant et menaçant. Comme de nombreux enfants, le jeune Marcel s’imagine qu’en chassant l’école de son esprit, celle-ci ne reviendra pas. Il va jusqu’à se comparer au philosophe idéaliste Johann Gottlieb Fichte (1762-1814) : « Comme le philosophe allemand, je croyais que le monde extérieur était ma création personnelle, et qu’il m’était possible, par un effort de ma volonté, d’en supprimer, comme par une rature, les événements désagréables. » Il tente donc tout bonnement d’effacer cet événement qui « se trouv[e] dans l’avenir, et off[re] donc moins de résistance qu’un fait du présent. »

Le retour de la sonnerie

Malgré les efforts désespérés des enfants, la rentrée finit toujours par arriver. Un matin, l’écolier se lève, et elle devient une journée bien réelle, très concrète. Sa matérialité même, les effluves caractéristiques des protège-cahiers en plastique et des nouvelles fournitures scolaires, le tohu-bohu de la récré et le tintamarre de la nouvelle sonnerie font partie d’un imaginaire commun, encore très vivace dans la mémoire des adultes. Pagnol se souvient du bruit du tambour qui sonne la fin de la toute première récréation de l’année, semblable à un « tonitruant concert » qui « emporte la foule » d’élèves vers « la porte de l’étude ». Et de poursuivre : « Tout le monde s’aligna en colonne sur deux rangs, devant le tambour, qui roulait toujours à me faire enfler la tête, tandis que l’horloge sonnait comme plusieurs églises. »

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