1. La voie du consentement

La révolution du “oui ”

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Seduction-Seduction

(cc) Unsplash / Skyler King

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Cet article est issu du numéro 116 de Philosophie magazine « Peut-on désirer sans dominer ? », en kiosque le 11 janvier 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dire oui, seulement et clairement oui, comme et quand on veut. Telle est la définition du consentement positif. Un bouleversement moral et juridique, seul à même, affirme la philosophe Manon Garcia, de modifier durablement nos comportements amoureux.

« Pour bien comprendre pourquoi la question du consentement dans les affaires de harcèlement et d’abus sexuel pose problème aujourd’hui, il faut faire un peu d’histoire des idées et lever une ambiguïté. Originellement, le consentement est une notion juridique. Elle existe dès le droit romain et elle permet de distinguer les contrats valides des contrats non valides. Au XVIIIe siècle, les philosophes contractualistes l’importent dans la sphère politique afin de résoudre la question de savoir ce qui nous oblige à obéir. Pourquoi obéir à un tiers lorsqu’on est égaux en droit ?

Cependant, cette transposition du cadre juridique au champ politique passe sous silence le double sens du consentement, véritable choix ou simple acceptation. Thomas Hobbes parle ainsi, à propos du contrat social, du consentement comme d’un choix : je choisis de me dessaisir de mon droit au profit de la sécurité qu’offre le pouvoir institué. Pour John Locke, en revanche, je ne consens que tacitement à obéir au pouvoir à partir du moment où j’accepte de rester sous sa juridiction, c’est-à-dire tant que je ne quitte pas les frontières de l’État. Il s’agit d’une acceptation plus que d’un choix, sauf qu’à partir de là, on accorde la même valeur morale à un choix et à une acceptation, alors que ce sont deux actions différentes.

Avec le contrat de mariage, le consentement entre dans la sphère intime et conjugale. Mais les implications morales de cette notion demeurent impensées. Choisir de se marier, de dire oui une fois, est-ce consentir à tout ? Et dans le domaine sexuel : suffit-il de ne pas dire non pour que le rapport soit considéré comme voulu ? C’est du moins cette idée que le droit français a retenu. 

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