Série

La solitude du serial-killer

Temps de lecture : 2 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 10 de Philosophie magazine « 10 - juin 2007 », en kiosque le 31 mai 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La série américaine Dexter propose une méditation sur l'indifférence et la moralité.

Dexter est un homme étrange. Le jour, il est spécialiste des traces de sang, expert auprès de la police de Miami. La nuit, il traque et assassine les criminels, prêtres pédophiles ou trafiquants de clandestins, que la justice n’a pas condamnés. Agité de pulsions meurtrières depuis son enfance, Dexter a appris de son père adoptif, policier respecté, à les canaliser en commettant des crimes parfaits. Dépourvu d’émotions, il tente de s’intégrer en singeant les sentiments, mais demeure étranger au monde qui l’entoure. Jusqu’à ce qu’un tueur en série lui adresse de troublants messages qui le contraindront à affronter son enfance.

Le problème soulevé dans Dexter, classique dans le cinéma américain, est de savoir si, comme le personnage, on a le droit de se substituer aux instances étatiques lorsque les procédures légales échouent. En débarrassant la société de criminels impunis, le jeune homme révèle toute l’ambiguïté et les limites du Léviathan, monstre protecteur et menaçant que le philosophe Thomas Hobbes a choisi pour figurer l’État moderne.

Cet article est réservé aux abonnés