Une théorie d’actualité
La solution qui fait problème
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Cet article est issu du numéro 10 de Philosophie magazine « 10 - juin 2007 », en kiosque le 31 mai 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Sois spontané », vous connaissez le paradoxe. Impossible d’être spontané à la demande. « Ne sois pas timide ! », « Sens-toi bien ! », allez obéir à des telles injonctions. Si vous êtes gêné, triste à ce moment, comment serez-vous joyeux à la seconde, à la demande ? Pareil pour le désir ou la jouissance, ils ne se commandent pas. « Prends-moi maintenant », « Jouis ! », nous connaissons les effets catastrophiques de ces appels impatients dans un lit. Ce sont l’inconscient, le sang, un élan intérieur qui lèvent nos désirs, pas la volonté ou les muscles. L’envie, la flamme, la sincérité, le « naturel » surgissent en liberté, en situation. Dès que vous les harcelez, les extorquez, ils se flétrissent. « Sois spontané » est un de ces paradoxes retors qui minent les communications humaines. C’est en tout cas ce qu’a bien montré un psychanalyste défroqué disparu en avril, figure du courant d’anthropologie et de psychosociologie apparu dans les années 1970 appelé « le collège invisible » puis l’école de Palo Alto : le raffiné Viennois Paul Watzlawick, auteur du guide pratique Faites vous-même votre malheur.