Religion

Pourquoi l’homosexualité pose-t-elle problème à l’Église ?

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Saints Serge et Bacchus de Rasafa, VIIe siècle. L’historien de Yale John Boswell considère que les saints sont un exemple d’une union chrétienne de même sexe reflétant les attitudes tolérantes des premiers chrétiens envers l’homosexualité sur la base de cette icône

Saints Serge et Bacchus de Rasafa, VIIe siècle. L’historien de Yale John Boswell considère que les saints sont un exemple d’une union chrétienne de même sexe reflétant les attitudes tolérantes des premiers chrétiens envers l’homosexualité sur la base de cette icône. © Wikimedia Commons

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L’Église catholique a un problème avec l’homosexualité, difficile de ne pas le reconnaître. Encore récemment, une note de la Congrégation pour la doctrine de la foi en parlait comme un « péché ». Mais qu’est-ce qui pose problème, précisément ? L’acte sexuel, réputé « contre nature », et condamné par la Bible ? Ou bien y a-t-il autre chose ? Éclairage avec Foucault.

 

« Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort, leur sang retombera sur eux. » Le Lévitique est, on ne peut plus clair : le rapport charnel entre personnes de même sexe, et en particulier la sodomie entre hommes, est un péché. On ne trouvera rien d’autre, dans la Bible, que la condamnation de l’acte. La note de l’Église se situe, pourtant, sur un tout autre plan : l’impossible « bénédiction » d’une « relation humaine » – le « mariage homosexuel ». S’il peut sembler anodin, ce glissement de l’acte condamné à la relation réprouvée témoigne combien l’inconfort de l’Église face à l’homosexualité est plus complexe qu’il n’y paraît.

 

L’idée que l’Église aurait un problème avec le sexe de même sexe, et avec lui uniquement, tient, pour partie, de l’illusion. C’est sans doute vrai sur un plan théologique, mais absolument pas si l’on considère l’Église comme puissance d’organisation sociale. Lorsqu’elle condamne l’homosexualité, elle condamne tout autre chose que l’accomplissement d’un désir. Comme le note Foucault dans « De l’amitié comme mode de vie » (1981), « le mode de vie homosexuel est beaucoup plus que l’acte sexuel lui-même. Imaginer un acte sexuel qui n’est pas conforme à la loi ou à la nature, ce n’est pas ça qui inquiète les gens. Mais que des individus commencent à s’aimer, voilà le problème. L’institution est prise à contre-pied ; des intensités affectives la traversent, à la fois elles la font tenir et la perturbent. » L’ordre social, dont l’Église a été un pilier, redoute « que ne se forment des alliances, que ne se nouent des lignes de force imprévues. Je pense que c’est cela qui rend “troublant” l’homosexualité. »

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