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La technologie va-t-elle supplanter la mémoire humaine ?

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Cet article est issu du numéro 101 de Philosophie magazine « L’instant présent. Attrape-le si tu peux ! », en kiosque le 16 juin 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Tandis qu’une bataille juridique s’engage entre Google et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) sur le “droit à l’oubli”, Maël Renouard tente de sonder la nouvelle atmosphère morale dans laquelle nous vivons.

En mai dernier, Google a posé un recours devant le Conseil d’État contre la Cnil, qui lui réclame une amende de 100 000 euros. Elle veut obliger Google à déréférencer certaines informations privées à la demande des internautes. Google accepte de le faire pour les versions européennes de son moteur de recherche, mais n’envisage pas de « déréférencement mondialisé ». Que vous inspire ce bras de fer ?

Maël Renouard : L’esprit du temps est à une raréfaction de l’oubli. À mon sens, la conservation du passé est une aspiration immémoriale de l’esprit humain que la technologie vient accomplir. Je ne crois pas que nous revenions jamais en arrière, que nous aspirions de nouveau à des capacités d’archivage plus faibles. Mais nous devons réguler notre désir de conserver le passé, surtout dans les cas manifestes d’atteinte aux droits de l’individu.

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