La vallée engloutie

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Cet article est issu du numéro 9 de Philosophie magazine « 9 - mai 2007 », en kiosque le 26 avril 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Still life. Drame de Jia Zhangke. Lion d’or au dernier festival de Venise, ce film romantique incite à méditer sur l’imaginaire de l’eau en Chine.

Le dernier film du réalisateur chinois Jian Zhangke (The World, Platform) se déploie comme une ambitieuse fable sociale et cosmique. Il raconte les déambulations parallèles de deux solitaires : un homme, loser bienheureux, recherche sa femme, perdue de vue depuis seize ans ; une néobourgeoise cherche à revoir un mari qui ne donne pas de nouvelles depuis deux ans. Qu’ils retrouvent ou non leur moitié perdue n’a pas grande importance, tant le nouveau capitalisme a profondément déstructuré la société et n’offre que peu d’espoirs aux âmes romantiques. Le lieu qu’ils arpentent en a davantage : c’est l’un des plus symboliques de la Chine contemporaine, la vallée des Trois-Gorges, région réputée pour la beauté de ses falaises et progressivement engloutie, avec ses villes et ses champs, par la construction du plus grand barrage du monde.

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