Exposition

“Fabrice Hyber-La Vallée” : hyberespace

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“Fabrice Hyber-La Vallée” : hyberespace

Fabrice Hyber, Paysage biographique de la Vallée, 2022 Fusain, peinture à l’huille, pastel sur toile, 220 × 700 cm © Fabrice Hyber / Adagp, Paris, 2022.
 

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Cet article est issu du numéro 167 de Philosophie magazine « Est-ce qu’on travaille trop ? », en kiosque le 16 février 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Jusqu'au 30 avril, la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris ouvre ses portes au peintre et plasticien Fabrice Hyber dont les œuvres donnent à voir toutes les métamorphoses du vivant, entre nature et culture. 

 

Culture. Fabrice Hyber explore toute la polysémie de ce terme : comme peintre et plasticien, comme pédagogue et naturaliste-expérimentateur. Une rétrospective le met à l’honneur à la Fondation Cartier, qui expose de grandes toiles, en partie réalisées pour l’occasion. Ce ne sont pas des tableaux au sens classique mais des tableaux de maître, dans un sens plus scolaire. La scénographie joue d’ailleurs avec cet univers, et la programmation s’aligne : des classes de primaire et de lycées horticoles travaillent sur les thématiques abordées là et des « cours du soir » sont organisés sous forme de dialogue avec des experts – philosophes, biologistes, anthropologues… Car ces œuvres, qui ont toutes pour objet la métamorphose du vivant, sont aussi des agencements de matériaux composites où l’explication prend le pas sur l’esthétique. Elles se déploient telles d’immenses carnets fourmillant de schémas et de notes. Fabrice Hyber parle de « paysages biographiques » – il en a ainsi consacré un à l’écrivain et critique d’art Pierre Giquel, qu’il représente sous la forme d’un torrent circulant dans une vallée. La « Vallée », qui donne son titre à l’exposition, est devenue chez lui un milieu de création – il a racheté les cent hectares de terres qui cernaient l’exploitation agricole de ses parents en Vendée pour y planter, depuis les années 1990, près de 300 000 graines devenues 100 000 arbres. Mais la « Vallée » est aussi un personnage conceptuel – lieu d’inspiration, d’expérimentation et de création. Elle est l’incarnation de cette « science du concret », à la fois empirique et sensible, qu’évoque Lévi-Strauss et dans laquelle l’artiste se reconnaît. Un bouillon de culture ?

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