Le classique revisité
« L’Alternative » dans l’œuvre de Kierkegaard
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Cet article est issu du numéro 70 de Philosophie magazine « 70 - juin 2013 », en kiosque le 30 mai 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’Alternative (Enten-Eller en danois ; aussi traduit en français sous le titre Ou bien… Ou bien) est l’un des plus grands chefs-d’œuvre de Kierkegaard.
Le philosophe l’a écrit à un moment très troublé de son existence. Il commence à le rédiger avant sa rupture définitive avec Regine Olsen, qui survient en 1841. Il le termine en novembre 1842, et le livre paraît en deux volumes le 20 février 1843. L’Alternative obéit à un dispositif d’écriture particulièrement complexe. Kierkegaard n’apparaît pas à titre d’auteur ; l’œuvre est présentée par un éditeur imaginaire, Victor Eremita. En guise de prologue, celui-ci dit avoir découvert dans un vieux secrétaire des liasses de papiers rédigés par deux auteurs différents, respectivement baptisés A et B. La première partie de L’Alternative regroupe les écrits de A, ainsi qu’un texte dont il est l’éditeur à son tour : le Journal du séducteur. La seconde partie rassemble les contributions de B, dont on connaît l’identité : il s’agit d’un juge, Wilhelm, qui s’adresse à son ami… A. On voit ainsi se multiplier les pseudonymes, qui sont chez Kierkegaard de véritables personnalités défendant des positions philosophiques propres.