L'Armée des ombres, humanité clandestine

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L'Armée des ombres, humanité clandestine

“L’Armée des ombres”, avec Lino Ventura (au centre). © Films Corona/Fono Roma 

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Cet article est issu du Hors-série n°69 de Philosophie magazine « Philosophes résistants », en kiosque le 13 mai 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’Armée des ombres, de Jean-Pierre Melville, suit au plus près un groupe de résistants sous l’Occupation, parmi lesquels un personnage inspiré du philosophe Jean Cavaillès. Une œuvre magistrale qui interroge cet engagement fondé sur une humanité partagée.

 

Le visage de la Résistance

Ils sont habillés en civil et agissent le plus souvent en plein jour. Pourtant, les protagonistes du film de Jean-Pierre Melville, L’Armée des ombres, sorti en 1969, constituent bien une « armée des ombres », un groupe de résistants armés qui lutte en secret contre l’occupant nazi. À sa tête, Philippe Gerbier (Lino Ventura), ingénieur au verbe rare et ironique chargé de coordonner des cellules clandestines en France. Apparaissent et disparaissent au fil des opérations, tels des spectres, les hommes de sa garde rapprochée, dont certains au passé mystérieux (Jean-Pierre Cassel, Paul Crauchet...), un philosophe (Paul Meurisse) ainsi qu’une femme, Mathilde (Simone Signoret). Évasion d’un camp, mise à mort d’un traître, voyage en sous-marin, parachutage nocturne, course sous la mitraille allemande... L’intellectuel Philippe Gerbier passe 2 h 15 à repousser les limites de ce dont il se croyait capable.

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