Reportage

Dans le cockpit (et la tête) d’un pilote de l’armée de l’Air

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Un avion PC-21 au dessus de Paris, vu depuis un Xingu de l’EAT 319.00 (école d’aviation de transport)

Un avion PC-21 au dessus de Paris, vu depuis un Xingu de l’EAT 319.00 (école d’aviation de transport). © Pierre Terraz

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Pour le défilé du 14 juillet, Philomag a embarqué à bord de l’un des avions Xingu de l’armée de l’Air pour survoler Paris. De la préparation au sol au passage au-dessus des Champs-Élysées, nous avons suivi les pilotes de la base aérienne 702, à Avord. Entre fierté et appréhension, rigueur militaire et nécessité d’adaptation voire d’improvisation, récit de l’intérieur du cockpit d’une performance technique et esthétique hors-norme.

 

« Fier, stressé, impatient mais concentré, essayant de rester neutre. » L’adjudant-chef Thierry est tout cela à la fois. Et pour cause, en 32 ans de carrière comme pilote – il intègre l’armée de l’Air en 1989 –, c’est la première fois qu’il participe au défilé aérien au-dessus de Paris. Ce matin du 14 juillet 2022, il décolle de la base aérienne d’Avord, à côté de Bourges, pour intégrer une colonne serrée de plusieurs dizaines d’aéronefs et survoler les Champs-Élysées, puis la tribune présidentielle, au plus près.

© Pierre Terraz

© Pierre Terraz

Au vu de son parcours, pourtant, impossible de présumer qu’un tel vol sur la capitale, aussi technique soit-il, puisse le faire vaciller un instant. Entré dans l’armée « par amour de la photographie et de l’image », le jeune militaire intègre d’abord une unité de reconnaissance. Il y apprend à manier et lire les caméras embarquées utilisées pour repérer et connaître l’ennemi. Une trentaine d’opérations extérieures le mènent ensuite à Djibouti, en Centrafrique, au Tchad, en Turquie, en Afghanistan… comme simple « force de présence », ou dans des zones de conflit bien actives. Mais voler le défilé aérien reste un honneur unique chez les pilotes, et un véritable défi. Car pour ces discrets experts du ciel, « être vu par tout le monde » joue finalement un rôle, tant dans la fierté et le sentiment de reconnaissance que dans l’appréhension de l’exercice.

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