Politique / Budget
L’austérité budgétaire : un “je ne sais quoi” ou un “presque rien” ?
Michel.Barnier © Gabrielle Cezard/SIPA
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Cet article est issu du numéro 184 de Philosophie magazine « Que faire de nos angoisses ? », en kiosque le 24 octobre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’heure est aux économies budgétaires. Qu’on la juge excessive ou insuffisante, une page d’austérité s’ouvre en France. Cette notion est valorisée par les philosophes. Mais pour Jankélévitch, elle ne suffit pas à faire une éthique. Et une politique ?
« Je suis peut-être trop sérieux », confiait Michel Barnier dans un entretien, avant de reconnaître qu’il avait « de grandes marges de progrès » en matière d’humour et de fantaisie. Le nouveau Premier ministre assume cette image de raideur. Dès 2014, dans Se reposer ou être libre (Gallimard), il considérait déjà que « mener à bien le rétablissement de nos comptes publics relève aujourd’hui autant d’un devoir moral que d’une exigence de bonne gestion ». Avant d’ajouter : « Je ne peux cautionner ceux qui expliquent que la meilleure des stratégies serait de mettre fin aux politiques de rigueur pour retrouver le chemin de la croissance. » Il tempère cependant : « Pour rendre la rigueur acceptable, il faut garantir que nul n’échappe à l’impôt. » Fermeté rime, semble-t-il, avec opiniâtreté.