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Cet article est issu du numéro 66 de Philosophie magazine « 66 - février 2013 », en kiosque le 17 janvier 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Platon est né vers 428 av. J.-C. Il est issu d’une famille de la très haute aristocratie athénienne.

« Platon » n’est pas son vrai nom – il s’est peut-être appelé Aristoclès, comme son grand-père – mais un surnom : selon Diogène Laërce, celui-ci lui aurait été donné en raison de sa constitution robuste (platos signifie « large » en grec). Avant sa vingtième année, alors que tout semble le destiner à une carrière politique, une rencontre bouleverse sa vie : il devient un disciple de Socrate. En 399, celui-ci est accusé de ne pas reconnaître les dieux de la cité et de corrompre la jeunesse. Jugé, il est condamné à mort. Présent lors du procès – dont il fera le compte rendu dans l’Apologie de Socrate –, Platon, malade, n’assiste pas aux derniers instants de son maître. Il commence ensuite à rédiger ses premiers dialogues, dont Socrate est le principal protagoniste. Parallèlement, il voyage, notamment en Sicile, où il est reçu, puis chassé de la cour du tyran Denys Ier, qu’il tente de convaincre de gouverner selon la justice. De retour à Athènes, il fonde en 387 l’Académie (du nom d’Académos, héros auquel est consacré le site où Platon s’installe). Il s’agit de la première école structurée de l’Antiquité, qui a pour but de former des jeunes gens aux carrières publiques, et ce par l’étude de la science et de la philosophie. Parmi les étudiants, on trouve un certain Aristote… Célibataire endurci, se méfiant de tout excès, Platon poursuit son œuvre dans des dialogues où il s’émancipe progressivement de l’héritage socratique. Il meurt vers 348, à plus de 80 ans, alors qu’Athènes connaît un irrémédiable déclin. Platon marque le coup d’envoi de la pensée occidentale, si bien que le philosophe britannique Alfred North Whitehead (1861-1947) a pu écrire : « La plus sûre description d’ensemble de la tradition philosophique européenne est qu’elle consiste en une série de notes en bas de page à Platon. »