Point de vue

L’autre visage de la laïcité

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Cet article est issu du numéro 7 de Philosophie magazine « 7 - mars 2007 », en kiosque le 22 février 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La laïcité est une inconnue célèbre. Omniprésente dans le débat public, son histoire et ses fondements restent ignorés. Pour le philosophe Paul Thibaud, paradoxalement, on ne saurait la comprendre sans reconnaître ce qu’elle doit… au christianisme.

La laïcité cesserait-elle d’être une spécialité française ? Même les Anglais s’y intéressent ! Il est vrai que dans le délicat réglage des rapports entre politique et religieux, l’exception française paraît séduisante au vu des difficultés que rencontrent nos voisins européens. Qu’il s’agisse d’une  combinaison de liberté religieuse et de religion établie, de concordats à la polonaise ou de sociétés à la mode belge, segmentées par religion et idéologie, toutes ces solutions sont mises en difficulté par la sécularisation et par la nouvelle hétérogénéité confessionnelle. D’où l’attrait d’une laïcité qui offrirait l’avantage de libérer l’État d’attaches séculaires devenues un embarras plus qu’un soutien.

Reste à savoir si ledit État, réduit à ses propres forces, peut être capable de faire vivre l’unité morale de populations composites. Si l’on en juge par la laïcité de référence, c’est-à-dire la nôtre, on peut répondre que ce n’est pas gagné. Car au-delà des apparences, la laïcité française a bien du mal à se concevoir autrement qu’en excluant le religieux. Soit en réaffirmant son indépendance avec la loi « sur le voile », soit, comme l’a demandé Jacques Chirac au nom d’une idée simpliste, en faisant rayer du préambule européen la référence chrétienne.

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