Kant au quotidien

Le beau artistique : au musée avec Kant

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Cet article est issu du Hors-série n°60 de Philosophie magazine « Emmanuel Kant », en kiosque le 08 février 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Vous déambulez au Louvre et arrivez soudain devant un tableau que trois personnes admirent en silence. Emmanuel Kant, le gardien de la salle, vous glisse à l’oreille : « Je parie qu’une seule d’entre elles apprécie réellement la beauté de ce tableau. » Il part alors les interroger…

 

Visiteur I

« Quelle technique ! Quelle audace par rapport à ses prédécesseurs ! Et saviez-vous qu’il avait été formé par Michel-Ange ? »

L’avis de Kant : une question de savoir

Notre érudit ramène son expérience sensible subjective (le tableau qu’il a devant les yeux) à des lois générales, objectives, qu’il a apprises ailleurs (les règles techniques de la peinture, l’histoire de l’art…). C’est ce qu’on appelle un jugement déterminant.

Et concrètement ?

Faire comme s’il existait des critères objectifs permettant de reconnaître la beauté, c’est rabattre le jugement esthétique sur n’importe quel raisonnement… Le beau n’a pas de règles a priori : c’est le génie de l’artiste que de les inventer, en toute liberté. Vraiment contempler une œuvre d’art, c’est faire écho à cette liberté. Et c’est ce que le visiteur rate !

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