Technologie
Le “deepfake” au pays des simulacres
Capture d'écran d'un deepfake de Tom Cruise sur la chaîne TikTok @deeptomcruise — tiktok.com/@deeptomcruise
« Deepfake ». Traduit au Canada francophone en « hypertrucage », l’expression vient de la contraction de « deep learning » (pour « apprentissage profond », technique grâce à laquelle une intelligence artificielle peut assimiler par elle-même d’immenses quantités d’informations en un temps record) et « fake », pour « faux ». Le deepfake, c’est la génération par IA d’images simulant la réalité avec une telle efficacité que l’œil humain devient incapable de les savoir d’origine artificielle. Le deepfake est donc plus vrai que vrai, et perturbe en cela l’ordre du réel et de la simulation, la représentation de la réalité se mettant à exister indépendamment de la chose représentée. En fait, le deepfake n’est même plus une simple représentation puisqu’il ne représente pas l’existant mais produit un nouvel arrangement de signes et d’images. Un renversement qui rappelle le concept d’hyperréel, que définissait Jean Baudrillard dans Simulacres et Simulation (1981) : « Il ne s’agit plus d’imitation, ni de redoublement, ni même de parodie, mais d’une substitution au réel des signes du réel ».