France-Monde/Société
Le nouvel âge de la rébellion
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Cet article est issu du numéro 135 de Philosophie magazine « Peut-on se mettre à la place des autres ? », en kiosque le 28 novembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Alors que l’appel à la grève lancé par les syndicats risque de bloquer le pays le 5 décembre, une série de mouvements récents fait apparaître dans le monde entier une nouvelle forme de contestation prenant pour cible ce que Michel Foucault appelait la “gouvernementalité”.
Le 5 décembre, c’est un mouvement de grève en apparence classique qui se met en place en France : à l’appel des syndicats, les salariés des grandes entreprises de transport public s’apprêtent à paralyser le pays pour inciter le gouvernement à retirer son projet de réforme des retraites. Selon une formule rodée – celle de la grève et de la manifestation –, une masse de citoyens, organisée en syndicats représentatifs, s’arrête de travailler et s’empare de la rue à une date fixe pour établir un rapport de forces avec le gouvernement et tenter de le faire céder. La grève permet de mettre en scène le conflit en évitant qu’il ne bascule en émeute ou en révolution. Mais les appels d’autres catégories, les « gilets jaunes » ou les jeunes, à rejoindre le mouvement pourrait le faire déborder dans une forme plus ample et plus originale, à l’instar de nombreuses actions auxquelles on assiste depuis quelques mois dans le monde.