La notion

Le pape François et le “péché contre la création”

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Le pape François et le “péché contre la création”

Place Saint-Pierre (Cité du Vatican), le 2 octobre 2024. Le pape François préside une messe pour l’ouverture du Synode des évêques. © Maria Grazia Picciarella/Shutter/Sipa

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Cet article est issu du numéro 184 de Philosophie magazine « Que faire de nos angoisses ? », en kiosque le 24 octobre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’ouverture de la deuxième session du synode sur la gouvernance de l’Église, le 2 octobre, a été marquée par la lecture d’un texte du pape François. Au fil d’une singulière demande de pardon, le souverain pontife esquisse les contours de sept nouveaux péchés de circonstance : parmi eux, des péchés contre la paix, contre les femmes, contre l’abus, contre la pauvreté. L’introduction d’un « péché contre la création » frappe tout particulièrement. Elle n’est pas si étonnante venant d’un pape qui, depuis l’encyclique Laudato si’ (2016), ne fait pas mystère de sa sensibilité écologique. Elle l’est bien plus dans l’histoire longue de l’église catholique, où seul le spirituel est traditionnellement investi d’une valeur morale. Thomas d’Aquin distingue ainsi les péchés contre l’ordre de Dieu, les péchés contre l’ordre de la raison (contre soi-même) et les péchés contre l’ordre social (contre autrui). Le pape semble aujourd’hui ménager une nouvelle voie dans ce dispositif. Cependant, après ses propos virulents sur l’avortement, qualifié d’« homicide », cet appel sonne étrangement : quand la nature devient une norme à protéger, les techniques qui permettent de nous en affranchir, dont l’IVG, sont sur la sellette.