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Le robot passe-muraille

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Le robot passe-muraille

© capture d’écran Youtube

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Cet article est issu du numéro 167 de Philosophie magazine « Est-ce qu’on travaille trop ? », en kiosque le 16 février 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Au premier abord, le robot imaginé par une équipe d’ingénieurs de la Carnegie Mellon University (États-Unis) n’a rien de particulier. Mais, au bout de quelques secondes de la vidéo parue dans la revue Matter le 25 janvier, on peut voir la figurine métallique se liquéfier ! Cette capacité, le petit robot la doit à sa composition : le gallium de sa structure possède une température de fusion très basse (29 °C), atteinte par le biais de particules magnétiques intégrées à l’ensemble. Leur présence permet également, par un jeu d’aimants, de déplacer la créature. La réalité rejoint la fiction – en l’occurrence, le film Terminator 2. Dans son article « Are You Robust or Resilient ? » (paru sur le site WaldenLabs, en 2012), l’essayiste américain John Robb voyait dans le duel entre le T-800 incarné par Arnold Schwarzenegger et le T-1000 « liquide » l’opposition entre deux paradigmes d’ingénierie : le premier est « ce qu’on pourrait appeler un système robuste ». Le second, qui se révèle supérieur, est un « système résilient », capable, lorsqu’il est « mis en pièces », de « se réassembler rapidement en une version entièrement fonctionnelle ». Pour le détruire, il faudra employer des stratégies détournées (températures extrêmes, acide, etc.). D’après John Robb, la liquidité robotique n’en est pas moins une technologie d’avenir dans la mesure où elle offre la « capacité de changer et s’adapter ».