Nouvelles vagues
Muscle ton je ! La chronique d'Anne-Sophie Moreau
© Nigel Msipa/unsplash
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Cet article est issu du numéro 182 de Philosophie magazine « Être démocrate, c'est quoi ? », en kiosque le 22 août 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
D’où vient l’engouement des adolescents pour la musculation ? La réponse se trouve peut-être dans la méthode de Mike Mentzer, bodybuilder-philosophe et rival d’Arnold Schwarzenegger.
« Une barre de traction » : c’est ce qu’a répondu mon beau-fils de 12 ans lorsque je lui ai demandé ce qu’il souhaitait pour son anniversaire, avant de réclamer l’autorisation de pouvoir enfin « aller à la salle ». De nos jours, les adolescents – y compris les très jeunes – sont de plus en plus nombreux à se prendre de passion pour la « muscu ». Un quart des 15-24 ans la pratique, contre 19 % il y a cinq ans, d’après une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc). Les chaînes de salles de sport les adorent : ils comptent pour la moitié de leurs abonnés.
Un tel engouement laisse pantoise la ringarde millenial que je suis. À mon époque, les garçons jouaient au foot, au ping-pong ou faisaient du roller. Pourquoi se torturer le corps avant même d’avoir mué ? Pour « prendre de la masse », rétorque mon beau-fils, avant de scroller sur des vidéos vantant les mérites des shakes protéinés. À croire que le « réarmement » voulu par Macron sera d’abord physique. La hausse des violences, l’irruption de la guerre et les conjectures autour d’une guerre civile à venir conduiraient-elles les ados à vouloir, consciemment ou non, surentraîner leur corps afin de faire face à l’adversité ?