Le suicide de l’Occident

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Cet article est issu du numéro 40 de Philosophie magazine « 40 - juin 2010 », en kiosque le 27 mai 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Dans un sens, l’Europe ne s’est jamais aussi bien portée. Les progrès en termes de santé et de richesse ont été prodigieux. […] Malgré ces succès, il y a comme une atmosphère de déclin. Les Européens, qui n’ont jamais été aussi prospères, contemplent le futur avec crainte, comme s’ils avaient une maladie cachée qui ne se serait pas encore manifestée mais dévorerait déjà leurs organes vitaux. […] Dieu est mort en Europe et sa résurrection est peu probable, sauf peut-être dans le sillage d’une catastrophe. Cependant, tout n’a pas été perdu dans l’attitude religieuse. Chaque individu se voit toujours comme un être unique dans son importance, mais il n’a plus ce contrepoids de l’humilité propre à celui qui se sent un devoir envers son Créateur. […] Par-dessus tout, la plupart des Européens ne croient plus en un grand projet politique. […] Ce misérabilisme conduit à un mélange d’indifférence et de haine vis-à-vis du passé. Les États-Unis ont-ils quelque chose à apprendre de cela ? […] À première vue, l’histoire des États-Unis est moins prédisposée aux interprétations misérabilistes que la plupart des pays. […] On pourrait décrire l’Amérique comme un État fondé d’abord sur un génocide, puis sur l’hypocrisie de l’esclavage, pour finalement s’approprier la moitié du Mexique, etc. […]

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