Un classique éclaire le présent

Le confinement a-t-il vraiment permis de réduire le taux de suicide en France ?

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Le confinement a-t-il vraiment permis de réduire le taux de suicide en France ?

© Oleksandr Skochko/Unsplash

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Pendant le premier comme le second confinement, les taux de suicide en France auraient baissé, respectivement de 20% et de 8%. Une statistique contre-intuitive, que le sociologue Émile Durkheim, auteur du Suicide (1897), nous aide à mieux comprendre.

 

Une statistique contre-intuitive 

On aurait pu craindre que l’inverse se produise, et pourtant : le rapport de l’Observatoire de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) paru début septembre est formel. Les gestes suicidaires ont « diminué au début de la pandémie malgré une augmentation des troubles anxio-dépressifs et des difficultés de sommeil », lit-on dans la publication de l’organisme. Depuis, les tentatives d’explication essaiment : sentiment de traverser une épreuve collective ; surveillance accrue par les proches ; arrêt brusque de travaux éreintants pour certains… Émile Durkheim nous aide à faire le tri et propose une hypothèse pour comprendre les évolutions comportementales de notre société en temps de crise.

Une réduction des “suicides égoïstes” ?

Père de la sociologie moderne, Émile Durkheim s’est penché sur ce phénomène a priori intime et individuel qu’est le suicide, dans son ouvrage du même nom, paru en 1897. À partir d’un nombre impressionnant de données qu’il a pu compiler, issues de registres officiels en France, en Angleterre ou au Danemark, Durkheim explique que « le suicide varie en raison inverse du degré d’intégration des groupes sociaux dont fait partie l’individu ». C’est donc quand l’homme prend ses distances avec le collectif – qu’il soit domestique, religieux ou politique – qu’il tend à mettre fin à ses jours. Pourquoi ? Parce que quand « l’activité proprement collective fait défaut », nous sommes privés de « raisons de vivre ». Nous avons selon Durkheim été initiés dès l’enfance à agir au sein d’une société, qui donne sens à nos actions. La vie « dont se contente l’animal ne peut plus nous satisfaire », car les véritables plaisirs dont nous jouissons sont avant tout moraux et sociaux.

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À retrouver dans nos archives : un état des lieux du suicide en France