“Le Vénérable W.” : Barbet Schroeder démontre la mécanique de la haine
Le Vénérable W. de Barbet Schroeder © Films du Losange
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Cet article est issu du numéro 110 de Philosophie magazine « Quelle part d’enfance gardons-nous ? », en kiosque le 01 juin 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Avec “Le Vénérable W.”, le cinéaste Barbet Schroeder boucle une trilogie du mal, entamée dans les années 1970. Il démonte précisément la mécanique de la haine.
La haine, écrit Spinoza, est « la tristesse qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure ». Autrement dit, je commence à haïr autrui lorsque je l’imagine comme la cause – réelle ou non – de la diminution de ma puissance d’agir et d’exister, de ma tristesse. Le cinéaste Barbet Schroeder s’appuie sur cette définition de Spinoza pour introduire Le Vénérable W. sélectionné en séance spéciale au Festival de Cannes. Relatant les meurtrières exactions bouddhistes perpétrées contre la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie, ce documentaire achève une trilogie du mal entamée avec Général Idi Amin Dada (1974) et poursuivie avec L’Avocat de la terreur (2007), sur Jacques Vergès.