Le veuf joyeux de René Descartes
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Cet article est issu du numéro 41 de Philosophie magazine « 41 - été 2010 », en kiosque le 01 juillet 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pleurer la mort de sa femme tout en ressentant une joie secrète à ses funérailles n’est pas le comble du cynisme pour Descartes, mais l’occasion paradoxale d’exercer sa vertu.
Alors qu’on enterre sa femme, un homme pleure. Derrière cette tristesse, il éprouve une joie secrète. Ses larmes sont-elles feintes ? Ce veuf n’est-il qu’un Tartuffe ? Non, sa tristesse est bien réelle, car « l’appareil des funérailles » ainsi que « l’absence d’une personne à la conversation de laquelle il était accoutumé » lui serrent le cœur et lui arrachent de vraies larmes. Mais alors, d’où lui vient sa joie secrète ? n’aimait-il pas sa femme ? se réjouit-il des délices d’un célibat nouvellement acquis ? Quoi qu’il en soit, la joie qui envahit son cœur semble faire de ce veuf un être particulièrement immoral…