Les dualistes et les continuistes
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Cet article est issu du numéro 2 de Philosophie magazine « 2 - juin/juil. 2006 », en kiosque le 25 mai 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les dualistes, partisans de la frontière homme-animal
La Genèse
C’est dans l’Ancien Testament qu’on trouve, avec la Création, le fondement théologique de la séparation entre l’homme et l’animal. Au quatrième jour, Dieu crée les animaux aquatiques et les oiseaux ; au cinquième jour, les animaux terrestres. Le lendemain, « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre » (1, 20-27).
Le stoïcisme (env. IIIe au Ier s. av. J.-C.)
Pour les stoïciens, l’homme est capable d’actions produites par sa seule raison, alors que l’animal est toujours contraint par la nécessité naturelle, par l’« instinct ». Doué d’une âme, capable de sensations, l’animal reste exclu, de Chrysippe à Sénèque, de la société des êtres de raison qui regroupe les hommes et les dieux. Cicéron écrit : « Le porc, que fournit-il en dehors de sa chair ? C’est pour qu’elle ne pourrît pas que l’âme lui a été donnée en guise de sel » (De la nature des dieux, 44).