Les pères fondateurs de la philosophie, de Parménide à Aristote

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Cet article est issu du Hors-série n°30 de Philosophie magazine « Le miracle grec », en kiosque le 01 juillet 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Paménide

Dates : Fin - VIe siècle/- Ve siècle

Lieu de naissance : Élée.

Éléments biographiques :

Chef de l’école éléatique, il a pour élève Zénon (auteur de nombreux paradoxes, dont celui d’Achille et de la tortue), avec lequel il se rend à Athènes et rencontre peut-être le jeune Socrate (selon Platon qui lui consacre un dialogue).

Œuvres :

Son traité De la Nature oppose de façon inédite, dans deux parties distinctes, la pensée logique (« De la Vérité ») et la pensée empirique (« De l’Opinion »). Il propose à la philosophie un objet inédit qu’elle n’abandonnera jamais : l’Être. Selon lui, l’Être est éternel et infini et compose entièrement l’univers sans laisser de place au non-être.

Extrait : 

« 4-5. — Eh bien donc ! Je vais parler ; toi, écoute et retiens mes paroles qui t’apprendront quelles sont les deux seules voies d’investigation que l’on puisse concevoir. La première dit que l’Être est et qu’il n’est pas possible qu’il ne soit pas. C’est le chemin de la Certitude, car elle accompagne la Vérité. L’autre, c’est : l’Être n’est pas et nécessairement le Non-Être est. Cette voie est un étroit sentier où l’on ne peut rien apprendre. Car on ne peut saisir par l’esprit le Non-Être, puisqu’il est hors de notre portée ; on ne peut pas non plus l’exprimer par des paroles ; en effet, c’est la même chose que penser et être.

6. — De toute nécessité, il faut dire et penser que l’Être est, puisqu’il est l’Être. Quant au Non-Être, il n’est rien, affirmation que je t’invite à bien peser. D’abord écarte ta pensée de cette voie de recherche que je viens de condamner ; fais-en autant pour celle où errent de-ci de-là les hommes ignorants, à double visage. L’embarras de leur pensée pousse en tous sens leur esprit incertain ; ils se laissent entraîner, sourds et aveugles, hébétés, foule irréfléchie pour laquelle être et n’être pas, c’est et ce n’est pas la même chose. Leur opinion est qu’en tout il existe une route qui s’oppose à elle-même.

7. — Il n’y a pas à redouter que jamais on te prouve que ce qui n’est pas est. Et toi, éloigne ton esprit de cette voie de recherche. »

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