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Les routes du ciel

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Les routes du ciel

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Cet article est issu du numéro 144 de Philosophie magazine « Enquête sur la fusion du travail et de la vie », en kiosque le 29 octobre 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Des voitures volantes pour 2023 ? C’est l’ambition de la start-up japonaise Skydrive, financée par le constructeur automobile Toyota. Le 30 août dernier, son prototype SD-03 réussissait son premier vol d’essai public. L’engin s’est élevé à 5 mètres du sol pendant quatre minutes. La performance, qui peut sembler timide, est une première étape : Toyota souhaite développer, d’ici à trois ans, des appareils biplaces possédant une autonomie de trente minutes et pouvant atteindre la vitesse de 60 km/h. L’échéance n’est pas un hasard : le gouvernement japonais a affirmé sa volonté de se doter de taxis aériens d’ici 2023 pour désengorger les villes les plus densément peuplées du pays, comme Tokyo ou Osaka. La voiture volante est en effet délivrée des sinuosités et de l’encombrement de la rue : elle passe d’un point A à un point B en ligne droite, sans aucun détour. Indifférente au terrain, puisqu’elle évolue dans un monde sans obstacle ou presque, elle réalise le rêve d’un mouvement quasi immédiat et quasi dématérialisé entre le départ et l’arrivée. Une étape de plus vers la « disparition de l’espace » qu’annonçait Paul Virilio ? Le géographe philosophe écrivait dans Le Grand Accélérateur (Galilée, 2010) que « la vitesse des transports et des transmissions instantanées réduisent le monde à rien. Nous vivons une époque singulière, notre appréciation des échelles de temps et de distance est bouleversée, et la terre est devenue trop petite ». Bientôt le ciel embouteillé, lui aussi ?