Intervention
Paul Virilio : “La vitesse vieillit le monde”
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Cet article est issu du numéro 46 de Philosophie magazine « 46 - février 2011 », en kiosque le 27 janvier 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Face à l’accélération de l’Histoire, l’économie et les gouvernements ont tendance à réagir à l’actualité en temps réel, donnant un sentiment d’agitation et d’impuissance. Placé dans la position du philosophe roi pour la durée d’un entretien, Paul Virilio propose ni plus ni moins une réforme des institutions.
Imaginons que vous soyez le maître du monde ou, plus modestement, le président de la République. Quelle serait votre première décision ?
La première chose que je ferais, c’est de créer un ministère du Temps. Ce ministère s’occuperait de gérer tout à la fois le temps qui passe – c’est-à-dire celui des horloges –, le temps qu’il faut – c’est-à-dire les durées nécessaires aux activités humaines –, et le temps qu’il fait – autrement dit le climat. Jusqu’à nos jours, la politique s’est occupée de l’espace, de l’aménagement des territoires, du tracé des frontières ; nous avons été habitués à penser en termes de géopolitique. Or, l’accélération de l’Histoire et le réchauffement climatique devraient nous inciter à réfléchir désormais en termes de chronopolitique ou, mieux encore, de météopolitique.