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L’éthique du secret selon Jacques Derrida

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L’éthique du secret selon Jacques Derrida

© Éditions du Seuil

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Peut-on parler du secret sans le briser ou le trahir ? Oui, et on peut même le penser, comme l’a fait Jacques Derrida dans son séminaire à l’EHESS durant l’année 1991-1992 et dont la transcription paraît aujourd’hui sous le titre Répondre - du secret (Éditions du Seuil, 2024). Une réflexion profondément originale qui insiste sur la responsabilité qui engage le témoin du secret.


 

Pour aborder la notion de secret, le point de départ que choisit Derrida semble d’abord banal : « Le secret, dit-on, c’est ce qui ne se dit pas », constate-t-il. Ses premiers questionnements sont même assez convenus, qui consistent à demander si le secret est ce qu’il ne faut pas dire (en vertu d’une sorte de devoir social) ou plutôt ce qu’on ne peut pas dire (relevant alors d’une impossibilité de fait). Rapidement pourtant, le philosophe nous entraîne sur le chemin sinueux de sa pensée au style si particulier, qui convoque volontiers la littérature, la sémantique et les textes religieux, pour se lancer dans une exploration riche, ambitieuse, parfois difficile à suivre dans ses méandres mais toujours libre, surprenante et vertigineuse. Et d’Héraclite pour qui « la nature aime à se cacher » à Heidegger et son concept d’Unverborgenheit (dévoilement), la philosophie est du voyage. Lire Derrida, c’est vivre l’expérience d’être emporté au fil d’une méditation qui se déploie en empruntant volontiers des chemins inattendus. Et ce volume-ci déroge d’autant moins à la règle qu’y figurent plusieurs pages où sont reproduites en fac-similé des notes de cours manuscrites qui offrent un aperçu très visuel de ses elliptiques trajectoires de pensée. 

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Enfin un livre qui livre (ses secrets)