Paradoxe
Liberté surveillée
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 64 de Philosophie magazine « 64 - novembre 2012 », en kiosque le 25 octobre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Rampant dans les fourrés, Mr Black, tueur à gages, met en joue le président du Tambaika. Les ordres qu’il a reçus du Dr Mad sont clairs : le président ne doit pas voir se lever le jour prochain. Mais au moment d’appuyer sur la gâchette, Mr Black hésite. Après une longue délibération, il décide d’aller jusqu’au bout et tire. Le président s’écroule, la foule est saisie d’horreur, Mr Black profite de la confusion pour fuir tranquillement. À son retour à la base, tourmenté par son manque de professionnalisme, il se confie au Dr Mad : « Vous savez, j’ai vraiment failli ne pas respecter mon engagement. Je ne sais pas si je suis digne de continuer à travailler pour vous. » Le Dr Mad éclate d’un grand rire sardonique. « Tu croyais vraiment que j’allais laisser au hasard une décision aussi importante ? J’avais implanté une puce dans ton cerveau : si tu avais décidé de ne pas tuer le président, la puce aurait pris le contrôle de tes décisions et t’aurait forcé à appuyer sur la gâchette. Mais ce dispositif s’est avéré inutile : malgré tes hésitations, tu as tué toi-même le président, et la puce ne s’est pas activée. »