Love, actually
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Cet article est issu du numéro 34 de Philosophie magazine « 34 - novembre 2009 », en kiosque le 29 octobre 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Anders Sandberg et Julian Savulescu du Centre d’éthique pratique Uehiro (Oxford) ont divisé, un peu cliniquement, l’amour érotique en trois parties. Après le désir, vient l’attraction, suivi de l’attachement. Chaque étape est associée à une partie du cerveau qui peut être modulée par des stimuli chimiques, avec de la testostérone pour le désir et des entactogènes [drogues de synthèse type ectasy ou Eve, Ndlr] pour l’attachement. Si nous souhaitons encourager les relations à long terme – et nous savons, empiriquement, qu’elles favorisent santé et bonheur – alors, devons-nous en conclure, comme Sandberg et Savulescu, que “nous devrions utiliser l’accumulation de nos connaissances en neurosciences de l’amour pour améliorer, par manipulations biologiques, la qualité de l’amour ?” Pas nécessairement.
Car voilà où se glissent quelques préoccupations sur la nature humaine, l’identité et l’authenticité. Que devrions-nous ressentir à l’idée d’une relation faiblissante mais gardée intacte grâce à une potion chimique ? Quelle que soit votre réponse, Savulescu affirme qu’il serait paternaliste de refuser à l’individu le droit de décider : “Je ne suis pas le sorcier de l’amour vrai. C’est aux gens de décider comment utiliser ces technologies pour le bénéfice de leur relation.” De fait, nous sommes au cœur d’une révolution en biotechnologie et il y aura bientôt une corne d’abondance de pilules sur le marché.