Luc Ferry : « J’ai renoncé à regret à devenir pilote »
© Collection particulière de Luc Ferry
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Cet article est issu du numéro 83 de Philosophie magazine « 83 - octobre 2014 », en kiosque le 25 septembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le saviez-vous ? L’ancien ministre de l’Éducation, qui publie cet automne une histoire de la philosophie sous le titre Sagesses d’hier et d’aujourd’hui, est aussi un amateur très éclairé de sport automobile. Il évoque ici cette passion méconnue de la plupart de ses lecteurs.
Votre père, Pierre Ferry, était pilote, dessinateur et constructeur de voitures de courses, les Ferry. Racontez-nous cette aventure ?
Luc Ferry : J’ai grandi au milieu des voitures de course, celles que mon père avait dessinées, construites et conduites au Mans, à Pau ou à Reims. Elles étaient stockées à côté d’innombrables Bugatti, Maserati ou Cisitalia. Nous avons eu probablement plus de deux cents Bugatti à la maison, dont un magnifique coupé Atalante, mais aussi toute une pléiade de Type 35 à côté desquelles trônaient une sublime 4,9 l ou encore quelques limousines 3,3 l avec un cornet en cuivre pour s’adresser au chauffeur. Mon père était l’un des meilleurs pilotes d’avant-guerre et, oui, il a gagné bien des courses, dont les 12 heures de Paris. Ma mère était tétanisée d’angoisse parce que, à l’époque, il y avait des morts presque à chaque épreuve. J’ai renoncé à regret à devenir pilote. Pour me consoler, j’ai participé à des courses classiques et je suis aujourd’hui essayeur pour le magazine Car Life. Par exemple, j’ai piloté dernièrement pour cette belle revue une F1 moderne, celle de Jean Alesi, mais aussi la fameuse Jaguar Type D qui a gagné au Mans en 1955…