Hors-série “Petit traité des vices”

M. Burns ou la ploutocratie

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M. Burns ou la ploutocratie

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Cet article est issu du Hors-série n°67 de Philosophie magazine « Petit traité des vices à l’usage des honnêtes gens », en kiosque le 20 novembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’antihéros des Simpson aime autant gagner de l’argent par tous les moyens que ne le dépenser que pour lui. Sans éthique ni scrupules, il demeure pourtant un vieillard angoissé par la mort.

LE PORTRAIT : AVARE ET CUPIDE

Milliardaire de son état, propriétaire de la centrale nucléaire de Springfield où travaille Homer Simpson – le personnage principal de la série animée lancée en 1989 –, Charles Montgomery Burns aime excessivement l’argent. Sa fortune estimée en 2011 à 1,1 milliard de dollars par Forbes en fait le douzième plus riche personnage de fiction. M. Burns n’en a pas moins été ruiné à quatre reprises. Dans l’épisode 8 de la saison 20, il est chassé du club des milliardaires lorsqu’on découvre qu’il ne possède que 996 036 000 dollars. Malgré les revers, M. Burns rebondit. C’est un entrepreneur talentueux, capable de transformer une église en une entreprise publicitaire. Insatiable, Burns fait tout pour accroître son capital. Dans un article de 2008, The News & Observers sacre le personnage troisième pire patron de fiction : « Sans cœur, cupide et particulièrement laid, M. Burns fait passer Ebenezer Scrooge [l’avare de Charles Dickens dans Un chant de Noël] pour un personnage tout à fait charmant. » 

M. Burns est à la fois cupide et avare. Cupide car il cherche à s’enrichir par les moyens les plus immoraux. On apprend qu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le président Truman confia au pilote Monty Burns un chèque d’un trillion de dollars pour aider l’Europe à se reconstruire. Naturellement, le jeune homme le garda pour lui. Il dérobe des œuvres d’art, subtilise tous les cadeaux de Noël des habitants de Springfield... Mais le milliardaire est également un avare indécrottable qui n’aime pas dépenser son argent, du moins pas pour autrui. S’il s’offre des biens extravagants, signes ostentatoires de richesse – un jeu d’échecs grandeur nature avec des humains ou les chasse-neige de la ville pour jouer au football –, Burns entreprend, en achetant une équipe de basket, de faire construire un grand stade sur la réserve naturelle des abeilles menacées. Le capitaliste répugne absolument à donner aux autres, il lâche même parfois ses chiens sur les mendiants. À la suite d’un accident, il cherche un donneur de sang O-, récompense à l’appui. Homer propose son fils Bart mais une fois la transfusion accomplie, le milliardaire se contente d’envoyer un « Merci ». Burns est avare de ses mots autant que de ses sous.

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