Mathias Énard, lauréat du prix Goncourt 2015

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Mathias Énard, lauréat du prix Goncourt 2015

Mathias Énard en 2010 (cc) Georges Seguin / Wikimedia Commons

Le prix Goncourt 2015 revient à l’écrivian Mathias Énard pour son roman intitulé “Boussole” paru chez Actes Sud.

Le prix Goncourt 2015 récompense l’écrivain Mathias Énard, pour Boussole paru chez Actes Sud. Après Zone, qui déroulait une frise de trois mille ans de guerres autour de la Méditerranée, Mathias Énard montre à nouveau, comme l’écrit Philippe Garnier, « que la frontière est un espace en soi, plus vaste que les mondes qu’elle sépare. C’est en elle, et non dans de fantasmatiques pays, que nous habitons. L’identité est fictive, seule existe la traduction, le tissage perpétuel du sens. Tout comme la musique ottomane savante, qui déroute les oreilles occidentales par ses échelles mélodiques, ce roman avance de considération érudite en souvenir amoureux, par digressions, cercles, spirales. Loin du storytelling musclé qui a depuis peu envahi l’Occident, Boussole invite à l’égarement, au songe, à la réminiscence. »

Après des études d’arabe et de persan et de longs séjours au Moyen-Orient, Mathias Énard anime plusieurs revues culturelles, participe au comité de rédaction de la revue Inculte et traduit des ouvrages du persan et de l’arabe, qu’il enseigne à l'université de Barcelone. Il fonde les éditions d'estampes Scrawitch ainsi qu’une une galerie éponyme, à Paris. 


Actualité du monde

Pour Zone, paru en 2008, Mathias Énard reçoit le prix Décembre, le prix Candide et le prix du Livre Inter. Il publie deux an plus tard Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Actes Sud), couronné par prix Goncourt des lycéens, et Rue des voleurs (Actes Sud) en 2012. Dans ce roman, l’écrivain se met dans la peau d’un jeune Marocain, Lakhdar, qui rêve d’Europe. Où, à force d’empathie et d’intuition, Mathias Énard est capable, comme le souligne le romancier Pierre Péju, « de faire surgir des “personnages fictionnels” qui sont des révélateurs d’un état du monde et d’une sensibilité collective diffuse. Le personnage de Lakhdar, précisément parce qu’il est fictif, se charge d’un sens plus profond, pour ceux qui s’intéressent à l’actualité du monde, mais peut-être aussi pour ceux qui y participent. »