Matière à penser / Juillet-août 2014

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Cet article est issu du numéro 81 de Philosophie magazine « 81 - été 2014 », en kiosque le 03 juillet 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La personnalité

Pablo Iglesias Turrión. Un Indigné au Parlement européen

Il est l’une des révélations des dernières élections européennes : à 36 ans, il est le chef de file du jeune parti de gauche espagnol Podemos (« Nous pouvons ») qui s’est hissé au rang de quatrième formation du pays, remportant 7,9 % des suffrages et cinq sièges au Parlement européen. À l’origine de ce succès, un contexte de crise aiguë, un travail de terrain mené par Podemos, mais aussi le brio médiatique de son leader, Pablo Iglesias Turrión. Cet ancien Indigné a séduit les télévisions espagnoles par sa mise « rebelle » (catogan « zlatanesque » et vêtements grunge) et sa capacité à s’expliquer avec calme et pédagogie. Ayant mené une double carrière d’animateur de débats télé et de politologue à l’université Complutense de Madrid, il vient de faire paraître un ouvrage sur le cinéma et sa portée politique : Maquiavelo frente a la gran pantalla (« Machiavel face au grand écran » ; Akal, 2013). Convoquant Machiavel, Hobbes ou Carl Schmitt, il rappelle que la politique ne consiste pas « à se mettre d’accord entre quelques-uns dans un cabinet », mais relève d’une véritable « science du pouvoir », dont l’auteur du Prince aurait été le précurseur. Pablo Iglesias Turrión tient le penseur toscan comme le premier à avoir compris que « le pouvoir est avant tout un ensemble d’instruments pour la production de l’hégémonie idéologique d’un groupe contre un autre ». Une hégémonie sur les esprits qui semble dorénavant à la portée du jeune philosophe.

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