L'oeil et l'esprit

Maurice Merleau-Ponty / Paul Cézanne : la sensation du monde

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Cet article est issu du numéro 3 de Philosophie magazine « 3 - août/sept. 2006 », en kiosque le 27 juillet 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La réflexion sur le visible du philosophe Maurice Merleau-Ponty aura été nourrie d’une attention inégalée à la peinture de Cézanne, qui l’avait séduit par son approche incarnée du paysage : peindre, c’est jouer avec les mystères de la sensation.

Été 1960. Non loin d’Aix-en-Provence, au Tholonet, dans cette campagne où Paul Cézanne, plus d’un demi-siècle auparavant, partait chaque matin en quête du « motif », Maurice Merleau-Ponty rédige L’Œil et l’Esprit, le dernier texte qu’il achèvera. La peinture y est omniprésente et l’œil de Cézanne guide le philosophe dans ses réflexions sur le corps et la vision. Le peintre apporte son corps, dira Merleau-Ponty. Les tableaux de Cézanne, en reproduisant la naissance des choses et la manière dont elles nous apparaissent, nous conduisent au principe de la phénoménologie chère au philosophe : revenir « aux choses mêmes », à l’entrelacement complexe du corps et du monde, sans a priori scientifiques, loin des théories classiques de la représentation.

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