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Mettez-vous au vert (et au frais), pendant le Festival international des jardins au Domaine de Chaumont-sur-Loire

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Mettez-vous au vert (et au frais), pendant le Festival international des jardins au Domaine de Chaumont-sur-Loire

Festival international des jardins. L’un des jardins en compétition évoque la planète Pandora, tiré de l’univers d’Avatar. ©Eric Sander

Vous suffoquez sous cette chaleur caniculaire ? Dans “Par ici la sortie”, la newsletter culturelle de Philosophie magazine, Cédric Enjalbert vous propose de vous rafraîchir en déambulant parmi les plus belles créations du Festival international des jardins, au Domaine de Chaumont-sur-Loire.


« Quel décor ! Le Festival international des jardins du Domaine de Chaumont-sur-Loire a débuté avec pour thème cette année “Le jardin fait son cinéma”. L’actrice Sabine Azéma en est l’heureuse marraine, qui a créé son “cinemazema”. Il se déploie comme une salle de projection en plein air où voir, entre le bourdonnement des abeilles et le vol des papillons, le premier film d’animation en Technicolor, Des Arbres et des fleurs, produit par Walt Disney. Deux arbres s’aiment, mais leur amour est contrarié par une vieille branche qui, éconduite, décide de mettre le feu à la forêt… Ici les plantes sont plus qu’un décor : des êtres animés. Parmi la vingtaine de jardins éphémères créés, l’un d’eux évoque ainsi la planète Pandora, tiré de l’univers d’Avatar, où des plantes anthropomorphes interagissent avec leur environnement. 

Planètes végétales

Car, dans notre monde, le jardin est “planétaire”, pris dans les limites de la biosphère, comme le rappelle Gilles Clément, le théoricien du “jardin en mouvement”. Il affirme dans sa leçon inaugurale au Collège de France, parue en 2012 sous le titre Jardins, paysage et génie naturel, que “l’artiste du paysage heureux, capable d’entretenir et de développer la vie dans son jardin, ne s’interpose pas dans le rapport naturel des échanges, il le valorise par une scénographie appropriée”. Dans sa composition Planètes, l’artiste et réalisatrice japonaise Momoko Seto, a poétiquement rendu hommage à cette scénographie cosmique. 

Temps suspendu

“Au jardin, poursuit Gilles Clément, le système du temps gagné ou perdu s’effondre de lui-même, il n’a simplement aucune raison d’être. La thérapie naturelle du jardinage vient du temps suspendu, celui que l’on ne maîtrise pas mais qui, d’une certaine façon, nous tient debout. Lorsqu’on met une graine en terre, c’est un devenir qui s’annonce, le passé s’efface, la nostalgie au jardin n’a pas cours. Le jardin est un lieu privilégié du futur, un territoire mental d’espérance.” C’est aussi dans ce rapport au temps suspendu et à l’espérance que le jardin se rapporte au cinéma, parce qu’il relève d’une projection, représentant un univers clos potentiellement ouvert sur le monde entier. Partout, le jardin désigne à la fois l’enclos et le paradis et, en persan, il se dit même “pairidaeza”. À Chaumont, l’actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani a dessiné Le Jardin de Minâb comme une retraite convoquant les quatre éléments, selon un plan partant d’un point central, animé par un feu continu. Il évoque le jardin traditionnel persan dont Michel Foucault a fait le modèle de l’“hétérotopie”, du lieu qui convoque le cosmos en miniature, constitué autour d’un espace central qui est “comme l’ombilic, le nombril du monde en son milieu”, d’où jaillit l’eau. Et où se ressourcer ! »

Festival international des jardins, au Domaine de Chaumont-sur-Loire : 478, le Château, 41150 Chaumont-sur-Loire.

➤ Ce texte est issu de notre newsletter hebdomadaire « Par ici la sortie » : trois recommandations culturelles, éclairées au prisme de la philosophie, chaque vendredi à 18h. Abonnez-vous, elle est gratuite !