Cinéma

“Miséricorde”, d’Alain Guiraudie : il court, il court le désir…

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“Miséricorde”, d’Alain Guiraudie : il court, il court le désir…

Félix Kysyl dans “Miséricorde”, d’Alain Guiraudie. © Xavier Lambours/Les Films du Losange

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Cet article est issu du numéro 183 de Philosophie magazine « Comment trouver le bon rythme ? », en kiosque le 26 septembre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Avec Miséricorde, Alain Guiraudie signe un film jouant avec la part d’ombre des tensions érotiques pour mieux explorer les affres métaphysiques de nos consciences coupables.

 

Un curé officie quand le film commence. Il enterre un mort mais célèbre l’amour, convaincu qu’on en a tous tellement « besoin ». Interprété par l’énigmatique Jacques Develay, il est l’un des personnages habités et curieux de ce thriller magnifique, saturé de désir. Car, à l’occasion de ces funérailles, reparaît aussi dans ce village dépeuplé d’Aveyron un jeune homme. Il l’avait quitté pour la grande ville, laissant après lui des histoires inachevées. Proche du défunt, auquel il n’a jamais avoué ses sentiments, Jérémy (Félix Kysyl), à l’instar du « visiteur » dans Théorème de Pasolini, ravive la passion partout où il passe, dans la famille du disparu où il prend ses aises, auprès de ses anciens camarades d’enfance et même chez les plus insoupçonnés. Sauf qu’ici, la tension érotique ne se résout jamais dans la sexualité. Elle entretient au contraire une part d’ombre et de mystère, qui se teinte de violence trouble. Aussi, quand les hommes se battent, semblent-ils succomber à l’attraction des corps. Des amours tues tissent ces relations entre voyeurs et amants silencieux. Le curé furète dans les bois, cueillant les champignons. Il en sait beaucoup, il en cache autant. Ne dit rien quand les gendarmes l’interrogent. 

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