Mission impensable. Berkeley
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Cet article est issu du numéro 84 de Philosophie magazine « 84 - novembre 2014 », en kiosque le 23 octobre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pour le philosophe irlandais George Berkeley (1685-1753), la matière n’existe pas et les choses n’existent qu’en tant que nous les percevons. Mais alors, qu’est-ce qui soutient le monde ? Explications.
« Que les couleurs soient réellement dans la tulipe que je vois[1], c’est manifeste. Et l’on ne peut pas nier non plus que cette tulipe puisse exister indépendamment de votre esprit ou du mien[2] ; mais qu’un certain objet immédiat des sens – c’est-à-dire une idée ou une combinaison d’idées[3] – puisse exister dans une substance qui ne pense pas, en dehors de tous les esprits[4], c’est en soi une contradiction évidente. »
Berkeley, Trois Dialogues entre Hylas et Philonous (premier dialogue)
Traduction très libre
Tu as vu le film Matrix ? En fait, tu es dans la Matrice. Sauf qu’il n’y a pas de monde réel ni rien d’extérieur à la Matrice. Ton entendement se promène dans un monde virtuel, dans la superintelligence de Dieu. Certains imbéciles croient que la matière existe, mais c’est qu’ils n’ont pas encore percé le secret de l’Univers, que je viens de t’enseigner. Et ne crois pas que j’ai fumé la moquette : c’est un évêque qui te parle.