Mohamad Amer Meziane : le sécularisme est-il un impérialisme ?

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Mohamad Amer Meziane : le sécularisme est-il un impérialisme ?

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Dans une enquête passionnante, le philosophe Mohamad Amer Meziane explore les racines du processus de sécularisation, qui a conduit à la séparation du politique et du religieux. Et montre que l’effacement de Dieu n’a jamais été le but de ce grand mouvement, dont le mobile était d’abord impérial et colonial. La fuite des dieux a été un effet collatéral de ce changement de discours, qui a engendré un nouveau rapport, prédateur, à la nature. Impérialisme, crise écologique et sécularisation sont indissociables.

 

Impérialité

« Est impérial le geste qui associe le pouvoir terrestre à Dieu et Dieu à un pouvoir terrestre, qui affirme le statut divin ou quasi divin du pouvoir qui gouverne les hommes. » De ce point de vue, l’impérialité, qui se développe en particulier dans l’Empire romain, n’est pas « l’apanage de l’Occident ». Il existe cependant une spécificité de l’impérialité qui se développe en Europe : elle « est indissociable de son rapport à l’islam. […] Elle ne peut apparaitre dans toute sa singularité qu’à travers l’histoire des conflits irréductibles entre les empires coloniaux et une tradition déterminée – l’islam », qui plongent leurs racines dans « l’impérialité que l’Église romaine a construite au cours de ses “guerres saintes”, les croisades. » Et qui s’est développée, ensuite, sous une forme coloniale. La colonialité n’est pas identique à l’impérialité ; on assiste plutôt, à partir de la conquête du continent américain, à un « devenir colonial » de l’impérialité européenne, dont la logique finit par se « [généraliser] à l’ensemble du monde ».

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