Sommet sur l’océan

Nous avons relu pour vous “La Méditerranée”, de Fernand Braudel

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Nous avons relu pour vous “La Méditerranée”, de Fernand Braudel

Abords de l’île de Lokrum, au large de Dubrovnik (Croatie), en mer Adriatique. © Vicko Mozara/Unsplash

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Le sommet 2025 des Nations unies sur l’océan, qui a lieu en ce moment même à Nice, s’est penché sur le cas de la mer Méditerranée, devenu un lieu de drames humains et écologiques. Pour comprendre la portée de ce changement, nous avons relu un grand livre d’histoire : La Méditerranée, de Fernand Braudel. 


 

La Méditerranée est d’abord un paradoxe. C’est ce que souligne l’historien Fernand Braudel (1902-1985) dans La Méditerranée. L’espace et le territoire (1977). Si cet ouvrage est devenu un classique, c’est que, fidèle à l’école historique dite des Annales, Braudel préfère, aux grands événements de l’histoire politique ou militaire, la description du temps long d’un espace géographique. Si la Méditerranée est devenue un espace majeur de circulation entre les cultures qui la bordent, au point d’être considérée pendant des siècles comme l’épicentre de la civilisation, cela n’allait pas de soi. La mer n’est pas d’abord une promesse de développement : « Il faut essayer de l’imaginer, de la voir avec le regard d’un homme de jadis : comme une limite, une barrière étendue jusqu’à l’horizon, comme une immensité obsédante, omniprésente, merveilleuse, énigmatique », affirme l’historien.

Un espace peu accueillant…

Les littoraux eux-mêmes n’étaient pas non plus très accueillants. Les beaux paysages que nous contemplons aujourd’hui « font trop facilement oublier que la Méditerranée n’a pas été un paradis gratuitement offert à la délectation des hommes ». Cet environnement a été patiemment aménagé, « souvent avec plus de peine qu’ailleurs ». Le sol y est en effet peu épais et friable. Il était difficile à labourer, glissant et meuble. Les montagnes réduisaient l’espace des champs, les sentiers étaient pénibles à arpenter. Il a donc fallu toute l’habileté et l’énergie humaine pour aménager cet espace, pour fertiliser ses côtes et surmonter l’étendue d’eau salée qui entrave le commerce.

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