L’invention

OnCue, un clavier révolutionnaire pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson

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OnCue, un clavier révolutionnaire pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson

© Alessandra Galli/Oncue

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Cet article est issu du numéro 196 de Philosophie magazine « Comment recommencer ? En amour, au travail, dans la vie », en kiosque le 15 janvier 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Un geste anodin comme taper sur un clavier peut devenir un vrai défi pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson (qui sont plus de 270 000 en France). C’est pour répondre à ce problème que l’inventrice italienne Alessandra Galli a conçu OnCue, un clavier adapté aux besoins des malades. 

Pour ne plus rester sur la touche


  • Récompensé par le James Dyson Award 2025, le clavier ergonomique mobilise plusieurs dispositifs pour réduire les erreurs de frappe : disposition ortholinéaire (les touches sont alignées verticalement et horizontalement), touches surélevées pour une posture plus naturelle, moins fatigante pour les mains, illumination de la lettre suivante la plus probable (déterminée par une intelligence artificielle) afin de réduire le stress de l’hésitation, etc.

  • OnCue s’appuie aussi sur des technologies haptiques : le clavier et les bracelets qui y sont connectés vibrent à chaque frappe pour maintenir le rythme d’écriture. La vibration augmente lorsqu’une touche est maintenue trop longtemps.

  • Dans une société où le numérique est partout, être à nouveau capable de taper sur un clavier est un vrai gain d’autonomie. D’autres inventions dévoilées cette année espèrent fournir des solutions aux personnes atteintes de Parkinson : un bracelet anti-tremblements, une tasse anti-renversement, des exosquelettes, une serrure facilitant l’insertion de clé, etc. Les technologies de ce genre ont été qualifiées d’« haptiques ». 

  • Le philosophe et médecin Max Dessoir forge ce mot en 1892 pour désigner l’étude du toucher et de la proprioception, soit la perception de son propre corps. La notion a connu un regain d’intérêt avec l’émergence du métavers, car les technologies haptiques sont censées favoriser l’immersion des individus dans ces mondes virtuels. Rien d’étonnant : c’est d’abord par le toucher que passe notre rapport au réel. 

  • Mais l’haptique, au-delà de la simple sensation tactile, introduit aussi un rapport dynamique à la sensorialité : les choses vibrent et nous vibrons à l’unisson. Or, comme le note le psychomotricien Frédéric Puyjarinet dans sa thèse, la maladie de Parkinson se caractérise par une « dysrythmie » : « Des déficits rythmiques se manifestent dans différents domaines de coordination motrice. » Le clavier développé par Alessandra Galli répond à cette désynchronisation en fournissant un support sur lequel peut s’étayer une rythmique intime défaillante.