Les clés d’un classique

Pamela Ohene-Nyako : “bell hooks donne un rôle aux femmes qui n’étaient pas considérées comme aptes à participer aux débats féministes”

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Pamela Ohene-Nyako : “bell hooks donne un rôle aux femmes qui n’étaient pas considérées comme aptes à participer aux débats féministes”

bell hooks. © Monica Almeida/The New York Times/Redux/Réa ; montage : William L.

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Cet article est issu du numéro 192 de Philosophie magazine « L’IA et moi », en kiosque le 21 août 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pour l’historienne Pamela Ohene-Nyako, bell hooks a non seulement mis au jour l’invisibilité des femmes noires, mais elle leur a aussi fourni les armes pour sortir de leur condition d’opprimées.

 

On qualifie souvent bell hooks d’« afroféministe » : qu’est-ce que cela signifie ?

Pamela Ohene-Nyako : Dans son essai De la marge au centre [1984 ; trad. fr. 2017], elle n’emploie pas ce terme mais se qualifie simplement de féministe – sans doute parce que le mot n’entrera en circulation que dans les années 2010, et plutôt dans un espace européen. Mais bell hooks défend un féminisme noir, qui consiste à faire contribuer les femmes noires à l’articulation d’une pensée féministe. L’objectif est une révolution sociétale qui requiert de lutter contre le sexisme dans la société et contre le racisme et les oppressions de classe. bell hooks prend donc en compte trois types d’oppression, qui exigent un changement structurel dans lequel les femmes noires ont un rôle central à jouer – dans la définition des concepts et des oppressions, mais aussi dans la lutte. Cela ne revient pas à faire peser sur les épaules de ces femmes la responsabilité de la lutte contre toutes ces formes d’oppression mais à donner un rôle à celles qui ont été jusque-là considérées comme pas vraiment aptes à participer aux débats féministes.

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