Exposition
Paul Gauguin, l’artiste tropique
Paul Gauguin (1848-1903), Dans les vagues, 1889. Huile sur toile ; 92,5x72,4cm. Cleveland, The Cleveland Museum of Art, don de Mr et Mme William Powell Jones © The Cleveland Museum of Art
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Par-delà l’exotisme, une ambitieuse exposition rend hommage au talent protéïforme de Paul Gauguin, non seulement peintre mais aussi décorateur, sculpteur et céramiste.
Gauguin n’a cessé de rechercher en lui un « malgré moi de sauvage ». La vaste exposition présentée au Grand Palais, en partenariat avec l’Art Institute de Chicago, met l’accent sur ce processus de création expérimental. Intitulée Gauguin l’alchimiste, elle dresse un portrait de l’artiste en bricoleur. C’est qu’il travaille très tôt différents matériaux : cire, argile, bois… Sans considération pour la distinction entre l’artisanat et l’art, il mêle la peinture, la sculpture, la céramique et les objets d’art décoratifs. Il définit d’ailleurs les premières compositions qu’il élabore à Pont-Aven, en Bretagne, de « synthétiques » : ses œuvres sont réalisées non plus d’après nature mais en les recomposant, avec distance. Il privilégie l’expression des sentiments, ainsi que la pureté des lignes et des couleurs ; les vitraux du Moyen Âge l’inspirent autant que l’art primitif ou les céramiques andines. Dans les vagues, qui emprunte à l’estampe japonaise, en témoigne. « L’art est une abstraction », écrit-il à Vincent Van Gogh en 1888.